Formation, ce que l'apprenant mérite

Trop souvent, le métier de "formateur" est une tâche supplémentaire de quelque cahier des "charges", pratiquée par des personnes qui préféreraient s'occuper d'autre chose. Pour commencer dans de mauvaises dispositions, c'est assurément l'idéal. Dans ce billet, je souhaite établir une liste de 10 conseils/rappels, afin que votre formation suscite l'intérêt des participants et qu'elle soit efficace.

Tamis Formation

Un sourire et un diaporama ne suffisent pas toujours.

Le formateur tient du pédagogue

Transmettre des connaissances est une activité noble, assez ingrate et à la fois terriblement bienvenue.

1 - Le formateur doit se préparer. Et non pas juste avoir un classeur à lire. C'est le B.A.-ba, certes, mais on a déjà vu des cours sans buts et sans motivation (notamment chez ASC IH Genève - n'y allez pas) -> grosse perte de temps pour tout le monde. Désarroi pour les participants. Il faut avant tout se poser les bonnes questions :
Dans quel ordre présenter les points ? Quelles questions risquent d'être soulevées ? Comment donner envie aux participants d'appliquer ce qu'ils vont apprendre?

2 - Les documents doivent être siglés. Une dose de corporate, ça pose le contexte, professionnel.
C'est idiot à dire, mais un logo sur une diapo, ça donne tout de suite le ton.

3 - Le matériel doit être opérationnel. Stylos, beamer, effaceur, son et lumière (sic) se vérifient avant l'entrée des participants. Autant venir une demi-heure avant, car les "bons élèves" vont vous poser des questions dès leur arrivée, 15 minutes avant.

4 - Un air de musique, c'est un bon gimmick. Afin de plonger les participants dans l'ambiance, avant que le cours ne commence, un morceau instrumental pose le cadre et invite les participants à se détendre.

5 - Le livrable est distribué avant. Le plan de cours intéresse plus ou moins, mais il doit exister. Les exercices et la théorie doivent s'enchaîner, avec des illustrations (dessins humoristiques, graphiques sérieux, images éloquentes). Que les participants en prennent connaissance avant n'a aucune importance.

6 - Les activités doivent être variées. En grand groupe, en petits groupes ou bien en binôme, les possibilités sont nombreuses, selon l'importance et le temps que l'on accorde à chaque exercice. La stimulation provient des ruptures de rythme autant que des problématiques. Il faut penser "Rubik's cube", des couleurs et des situations toujours nouvelles.

7 - Partir du bon pied, c'est faire discuter les participants entre eux, d'entrée. Ah ! Les fameuses techniques brise-glace. Ce n'est pas du flan. Rien de tel que de faire se rencontrer les participants et de les faire réfléchir entre eux dès le départ pour créer une dynamique de groupe (Saint-Graal).

8 - De l'émotion avant toute chose. De l'art et du sport peuvent mettre tout le monde d'accord. S'appuyer sur des vecteurs d'émotion donnera du poids à la parole. Tirer vers le haut n'est pas (encore) un crime. Profitons-en.

9 -Donner la parole aux participants pour les mettre en valeur (mais pas seulement). Orienter la discussion, éventuellement, mais toujours faire PARTICIPER les personnes devant soi, qui ont un vécu, qui ont forcément leur idée sur la question. Ca permet de rebondir et d'aborder des angles auxquels on n'aurait pas forcément pensé.

10 - La formation doit durer le temps prévu. Les horaires sont faits pour être respectés. Tout le monde aura du plaisir à partir à l'heure.

Conseils bonus

11 - L'intelligence est un concept "casse-gueule". On ne peut pas compter sur la vivacité de tous les participants. Contrairement à ce qui est érigé en vérité universelle, nous ne sommes pas tous égaux, chacun ayant un cursus différent et des méthodes d'apprentissage toutes personnelles. Penser deux étapes en avance risque donc d'être perdre certains. Le formateur se doit de prendre par la main ses interlocuteurs et les lâcher progressivement, d'abord sur les pistes bleues de l'esprit, puis sur les pistes rouges.

12- Quittancer au maximum la compréhension et l'assimilation. Personne n'aime les tests surprises, pourtant c'est avec la conscience que ce que l'on nous apprend peut servir à tout moment que l'on se prépare sérieusement. Contraindre les participants à rester attentifs et - plus dur - à travailler par eux-mêmes, ne peut qu'aider à obtenir des résultats gratifiants pour tous. Ce n'est pas au formateur à qui l'on doit des comptes, mais c'est grâce à lui que l'on met ses certitudes à l'épreuve. En toute confiance et sans coup de bâtons.