L'alphabet est une somme de pixels

En quête de la belle image, au détriment du propos percutant ?

Vague

Sur Internet, on ne consulte que ce qui nous intéresse. On survole les texte et souvent ne s'arrête que sur les images et les dernières vidéos qui font jaser.

Une image vaudrait tous les discours

Sous nos latitudes, la lecture se fait plus que jamais à partir d'un support numérique (smartphone, en premier chef, tablettes, liseuses, voire bons vieux PC), au point que l'on perde de plus en plus la précieuse patience de "mettre son nez dans un bouquin". Dans ces ouvrages-là, références de naguère, les lignes de textes - brutes - ressemblent à des lignes de codes de programmation, ni sexy ni compréhensibles. Détail piquant, il est rare qu'un texte journalistique ait, au final, le style de cette vague de Kanagawa, en code ASCII. (ci-dessus; dessous, c'est le prochain paragraphe). La lecture numérique a pour impératif d'être plusieurs fois illustrée. Ce billet se veut d'ailleurs en être un exemple.

Sauvés des mots

Aujourd'hui, plus que jamais, pour avoir des lecteurs, tout texte doit comporter une image qui retienne le regard. C'est une platitude nécessaire à rappeler. Cela fait même partie des conseils de plateformes telles que Linkedin ou les sites d'aide à la création de sites web. Une photo insolite vaudrait mieux qu'une suite de mots. Au moins, avec une image, la monotonie est forcément cassée et l'état d'esprit, bien positionné - pour autant que la photo fasse référence à la culture populaire.
Les esprits chagrin diront que la série "Alerte à Malibu" est d'une part une sous-culture, sans intérêt, et que, d'autre part, beaucoup ne s'arrêteront qu'à la "lecture" au premier degré d'une sirène en maillot de bain et du pseudo-éphèbe estampillés années 1990. Il faut parfois faire feu de tout bois.

Le triomphe de la vidéo ?

Plus encore que devant le petit écran "de grand-papa", les images et les vidéos hypnotisent les internautes. Les sites web d'aujourd'hui s'appuient quasiment exclusivement sur leur force pour avoir des lecteurs. Certains sites d'information ne font plus que raconter, sinon commenter, la dernière vidéo susceptible de faire la joie des internautes "sociaux". Ceux d'entre nous qui ne peuvent lire le fichier, pour une raison ou une autre, ont le sous-titrage. Ceux qui verront la vidéo espéreront, souvent en vain, trouver dans le texte un complément d'information. Pour aller au-delà.
Alors que ça s'arrête là.

Bref, avec le chanteur Christophe, on connaissait les "mots bleus". Désormais, nous avons droit aux mots prétextes, voire totalement vides, pour des nouvelles de surcroît ineptes. Il appartient à chacun d'inverser la donne.

Du contenu et de la qualité, nouveaux leitmotiv

lancés enfin, pour sonner la révolte et revenir aux fondamentaux. Pour élever le niveau ? "-Aussi. Un peu. Pas forcément, mais tant mieux". A mon sens, la vocation d'une image, comme d'une vidéo, est d'être une illustration. Celle d'un texte, de servir une analyse.

Au fait, cette photo d'Alerte à Malibu, n'est-ce pas la Vénus de Botticelli qui aurait rencontré la Croix-rouge?

C'est bien beau de balancer une image, encore faut-il la légender. Les mots ont le pouvoir de creuser, de souligner, en somme d'éclairer. Les mots sont indispensables pour aller pour loin. Les négliger est une erreur dans l'air du temps. Que ce soit leur orthographe, la grammaire française ou simplement le propos, tout importe.

On dit que les phrases d'un taiseux ont forcément du poids ; que la parole est d'argent.
Un discours ciselé est assurément perçu positivement, pour sortir du brouhaha des ramdams permanents.

A propos de la photo de David Charvet et de sa collègue:

"Un chef-d'oeuvre de l'humanité se cachait dans une série B". Il fallait y songer. Ca pourrait même faire un titre multi-cliqué.

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